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Utilisation du drone au service de la conservation

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Dans le cadre de la mise en œuvre du champ d’action 3 de son plan de travail, notamment l’utilisation des nouvelles technologies dans la lutte anti braconnage et le suivi écologique, le Projet RBT/WAP de la GIZ vient d’enrichir une fois de plus, les connaissances des acteurs de la conservation sur l’utilisation du drone dans la gestion des aires protégées. En effet du 26 mars au 1er avril 2017, l’équipe de gestion de ce projet a réuni dans un atelier pratique, tous les acteurs clés, impliqués dans le processus de décision du Complexe W-Arly-Pendjari.

Démarré à Natitingou par une prise de contact et l’introduction de l’atelier, les travaux pratiques ont conduit les participants à se rendre dans le Parc National d’Arly (le long de la rivière Pendjari) et dans le Parc National de la Pendjari (terroirs villageois dans la zone de Batia, la forêt de Bondjagou et la chaine de l’Atacora) pour effectuer des tests en conditions réelles. L’objectif de l’atelier était de tester les possibilités offertes par le drone dans la mise en œuvre des activités de surveillance et du suivi écologique. De façon spécifique, il s’est agit à l’aide du drone, de :

  • apprécier la nature et l’étendu de l’emprise agricole le long des aires limitant la zone d’occupation contrôlée et la zone cynégétique de la Pendjari ;
  • explorer la forêt Boundjagou, la chaine de l’Atacora et leurs périmètres environnants pour rechercher les indices de pratiques illicites comme la coupe de bois, l’orpaillage, la pêche et autres activités anthropiques ;
  • explorer les chapelets de mares le long de la rivière Pendjari entre les Parcs Nationaux d’Arly et de la Pendjari pour détecter la présence humaine et dénombrer les espèces animales (hippopotames et autres) ;
  • mener des actions de lutte anti-braconnage en cas de présence humaine illicite ;
  • simuler le dénombrement de la faune ;
  • prendre des images aériennes qui seront analysées en vue d’une prise de décision pour la conservation des aires protégées.

Au terme de l’atelier, la séance de débriefing en salle a permis non seulement d’apprécier les résultats pertinents obtenus, mais aussi de discuter les limites constatées pour l’utilisation du drone dans les aires protégées. Au nombre de ces résultats, on peut citer :

  • la facile cartographie des terroirs villageois avec une appréciation nette de l’emprise des pressions anthropiques sur le domaine protégé ;
  • la facile cartographie de la végétation et de la chaine de l’Atacora, avec la possibilité de bien apprécier les indices de présence des humains et de la faune sauvage ;
  • le dénombrement des hippopotames et autres espèces de taille appréciable ;
  • l’observation de la faune en général ;
  • l’appréciation nette des pressions générées par les activités anthropiques.

En sommes, rien que pour ces quelques résultats pour lesquels des tests ont été réalisés, le drone s’est avéré être un outil performant qui peut apporter un avantage considérable aux équipes des aires protégées dans l’accomplissement de leurs tâches.

S’il est vrai que le drone est un outil performant qui peut démultiplier les capacités des équipes des aires protégées, diverses conditions préalables sont par contre nécessaires pour atteindre des résultats satisfaisants. Au nombre de ces conditions, le présent test facilité par le Projet RBT/WAP de la GIZ a mis au jour plusieurs points dont les principaux sont ci-dessous cités :

  • Efficacité de l’équipe au sol : Toutes les taches bien effectuées par le drone doivent leur réussite à la compétence de l’équipe au sol. Le drone a donc été le bras technique de l’équipe au sol et il ne peut en être indépendant. Si l’équipe au sol est compétente, le drone maximise cette compétence. Le cas contraire, le drone n’est pas d’utilité.
  • Pilotage du drone : Le pilotage du drone requiert un savoir faire riche et très précis. La formation des agents des aires protégées à l’utilisation du drone doit donc bien être murie pour s’assurer de faire le bon choix. Par ailleurs, le test a révélé que disposer d’un bon technicien n’est utile que pour bien piloter le drone. L’obtention des résultats escomptés a nécessité la contribution des personnes qui savent d’une part où envoyer le drone pour collecter l’information recherchée et d’autre part interpréter les images captées par le drone. En sommes, une équipe pluri compétente est nécessaire.
  • Caractéristiques techniques du drone : En fonction du type de mission (diurne, discrète, recherche d’indices, dénombrement, etc.), il a fallu pour le test, utiliser le type de drone le plus adapté. En sommes, pour une mission précise, il faut le drone le plus adapté.
  • Maintenance du drone : Le test a aussi révélé que les accidents et incidents peuvent survenir à tout moment. Disposer sur place d’une compétence de maintenance (technicien et pièces de rechange) est donc nécessaire et permet de se donner les moyens de surmonter les freins éventuels en vue d’obtenir les résultats escomptés. Le cas contraire, une mission planifiée peut échouer sans même avoir été sur le terrain !

A la lumière de ces résultats pertinents obtenus suite à ce test, il s’est avéré que l’acquisition du drone n’est pas le sujet le plus complexe, comme on a tendance à le croire. Il est alors nécessaire de bien analyser le sujet avant de s’y lancer parce que bien faire voler le drone et s’y baser pour avoir les bons résultats constituent le défi majeur. Le drone demeure un outil pertinent mais en lieu et place de son acquisition, l’achat de ce service sous forme de prestation externe pourrait être la solution !
Bravo au Projet RBT/WAP qui par son action, vient de faire avancer les réflexions sur ce sujet.


Portfolio


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